Exposition

Palazzio Grassi
Chronorama, ou les archives de Condé Nast

Dernière révision le 29 septembre 2023 à 06:53 par la rédaction

Chronorama, tel est le titre de l’exposition qui se déroule au Palazzio Grassi jusqu’en janvier 2024, cet ancien palais vénitien reconverti en musée d’art moderne et propriété de François Pinault.

François Pinault a repris une partie de la collection photographique du groupe Conde Nast. Au total, 407 tirages d’époque réalisés par 185 photographes différents, entre les années 1910 et 1979. C’est à ce voyage à travers les évolutions historiques et esthétiques de la photographie, de la mode et du style que nous convie Matthieu Humery, conseiller pour la photographie auprès de la collection Pinault depuis une quinzaine d’années.

Cette acquisition faite en 2021 présente une partie des archives monumentales de Condé Nast, laissant entrevoir celles et ceux qui ont façonné la culture visuelle et forgé l’esprit de l’époque dans les pages de Vogue, Vanity Fair, Glamour, GQ et House & Garden. Pour Mathieu Humery.

« Les premiers Vogue étaient cette revue de luxe dédiée à un lectorat aisé et sophistiqué. Le médium était mis sur un piédestal. Edward Steichen, par exemple, dont un remarquable portrait de Winston Churchill est exposé, pratiquait cette activité bien avant d’arriver chez Condé Nast et ne faisait aucune distinction entre la qualité du tirage et la prise de vue »

Chronorama fait place à l’introspection et à la mémoire, marquant ce passage décisif entre l’écrit du XIXe siècle et l’avènement de l’image au XXe siècle. Les années 20 et 30 dépeignent avec magnificence l’âge d’or du portrait et du star-system hollywoodien. Les années de guerre voient un certain nombre de photographes descendre dans la rue, délaisser le studio et la chambre pour revêtir l’habit du photojournalisme comme Cécile Beaton en 1940 après un bombardement de Londres. Dans les années 50 les images mettent en lumière les idées progressistes des revues, notamment via cette représentation des minorités à Hollywood au cœur d’une société largement raciste. À l’exemple de la Franco-Américaine Josephine Baker, ou de Samy Davies qui pose avec Jean Schrimpton, actrice blanche , en 1965 année où les Etats-Unis accordent le droit de vote aux citoyens noirs.

Xavier Périssé
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