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Histoire de l’agence de presse Fotolib

Dernière révision le 5 décembre 2023 à 18:53 par la rédaction

Paris, 18 et 19 Octobre 1975, Fête de Rouge organe de la LCR.
Photographie: (c) Jeff Queneau / Fotolib

A l’occasion du cinquantenaire de la publication du n°1 de Libération, nous publions une contribution à l’histoire de l’agence de presse Fotolib, première agence photo liée au quotidien.

Paris, 1973 – Réunion à l’agence de presse Fotolib.. Photo ©Christian Poulin

L’agence de presse [1] photographique Fotolib est fondée le 9 octobre 1973 [2] par le rassemblement des photographes du service photo de l’Agence de Presse Libération (APL) [3], du collectif de photographes Boojum Consort et de photographes indépendants rassemblés autour du projet de Libération.

C’est à la demande de l’équipe fondatrice du quotidien Libération représentée par Serge July que l’agence va naître. Serge July est partisan d’un quotidien illustré grand public, un « France-Soir rouge », selon le mot de l’époque. Il veut donc publier des photographies d’actualité, mais ne veut pas d’une équipe de photographes salariés en permanence au journal.

Après des discussions houleuses les 16 et 18 Juillet 1973 entre les différentes composantes de la future agence, à la rentrée de septembre, l’assemblée générale des photographes, journalistes et iconographes opte pour la création d’une société coopérative ouvrière de production (SCOP) où chaque membre possède le même nombre de parts (16 pour 50 Francs – 45,35€/2020) selon le principe un homme, une voix. Serge July en devient membre comme représentant du quotidien Libération et siège au conseil d’administration présidé par Gérard Bois dit Gérard-Aimé  (1943 – 2018).

Le directeur général et chef des infos est à la création Michel Puech jusqu’au 13 novembre 1974. La rédaction en chef est ensuite confiée à Pierre Assouline [4] (1974 et 1975), puis à Francis Zamponi [5] de 1975 jusqu’à la fin de l’activité. Jean-Claude Trastour [6] est le premier commercial de l’agence avant d’en devenir le président du conseil d’administration puis l’administrateur de la liquidation de la société.

Michel Puech – ©D Guaridiola

Les fondateurs sont Gérard Bois dit Gérard-Aimé photographe [7], Francine Dedidier dit Bajande [8] photographe, Jean-François Graugnard photographe, Danielle Guardiola-Puech [9] photographe,  Caroline Lespinasse [10] photographe, Didier Maillac [11] photographe, Françoise Marette dit Yane iconographe, Christian Poulin [12] photographe-tireur, Michel Puech journaliste, Christian Rausch [13] photographe, Marc Sémo [14] photographe, Christian Weiss [15] photographe et la société Libération représentée par Serge July [16] journaliste.

D’abord installée dans les locaux de Libération, 27 rue de Lorraine à Paris 19ème, Fotolib va bientôt déménager 36 rue René Boulanger à Paris 10ème dans un local de « 80 m2 comportant cinq bureaux dont un laboratoire de développement des films N&B [17] ».

Armand Borlant de face et Christian Poulin chez Didier Maillac – Photo Didier Maillac avec le Leica d’Armand Borland. (Source: Armand Borlant)

Gérard-Aimé déclare alors à la Fédération Française des Agences de Presse (FFAP) que Fotolib emploie un journaliste à plein temps, une dizaine de photographes et trois employés de presse (iconographe, laborantin, commercial). Au terme des tractations avec Libération, le quotidien a souscrit un abonnement mensuel de 5000 Francs (4535€/2020) jusqu’au mois de mars 1974, puis de 2000 francs (1 594€/2020) permettant à la rédaction d’avoir accès à toute la production et aux archives de l’agence. Ensuite, outre l’AFP, Libération souscrira un abonnement auprès de l’agence Gamma alors dirigée par Raymond Depardon.

Un système d’abonnement est également proposé à d’autres journaux sans grand succès. Par exemple, en octobre 1973, l’agence démarche le journal La Vie Ouvrière [18], et fait l’offre d’un essai gratuit d’un mois. Il est expliqué que douze à vingt photographies leur seraient envoyées chaque semaine par courrier.

« Dans le cas de l’APL, du Boojum Consort, puis de Fotolib, la question de l’orientation à donner à l’agence se pose, mais pas sur le plan artistique. La raison d’être de ces groupes et agences photographiques repose sur l’engagement politique et sur le militantisme des photographes, pour la plupart maoïstes et d’extrême-gauche. Cette pensée politique de gauche rejette les valeurs concurrentielles et spéculatives d’un marché dans lequel elle doit pourtant s’insérer pour exister. [19] »

Fotolib sera confrontée avec cette antinomie durant pratiquement toute son existence. « L’agence sera un lieu de travail pour des photographes qui désirent travailler avec des méthodes les plus en rapport avec leur position politique et qu’en plus, l’agence doit être un instrument de lutte dans notre domaine : le photojournalisme [20] ». Gérard-Aimé et Michel Puech sont alors membres de l’Association nationale des journalistes reporters photographes et cinéastes (ANJRPC) qui regroupe à cette époque de nombreux professionnels désireux de faire évoluer les pratiques en particulier de paiement des droits d’auteur. L’ANJRPC se mobilisera pour soutenir la loi Cressart.

« A travers l’investissement de nouveaux locaux, la spécialisation du travail et la mise en place d’un règlement intérieur strict, la nouvelle agence Fotolib a pour objectif d’optimiser son activité. Jean-François Graugnard nous instruits sur ce changement de structure, de l’APL vers Fotolib, qui a professionnalisé leur façon de travailler :

« le fait qu’une personne cherche les reportages à faire et que d’autres s’occupent de la diffusion nous laissait plus de temps pour faire les reportages [21] ». Les différentes missions affectées à chacun des photographes visent à rendre le travail en équipe plus efficace, et à responsabiliser chacun afin d’ « éviter que les photographes se considèrent seulement comme des salariés, mais qu’ils soient partie prenante de toute l’agence[22] ». Cette recherche d’autonomie et de gain de temps est un enjeu nécessaire à l’inscription de l’agence Fotolib dans le marché de la photographie d’actualité. »

« Le système de rémunération adopté par l’agence Fotolib n’est pas inédit et semble s’inspirer d’autres agences, telles que Les Reporters Associés, Rapho, Gamma qui l’ont pensé et appliqué [23]. Ce système rémunère le photographe à hauteur de 50% de ses ventes, et l’autre moitié est reversée à l’agence. Les photographes permanents reçoivent également un faible salaire fixe de 700 francs (550€/2020) lors des premiers mois, mais paient l’intégralité de leurs frais de reportages. Il est proposé plus tard que l’agence prenne en charge la moitié des frais de reportage, et que le salaire fixe soit de 600 francs. L’objectif de l’agence est de parvenir à des salaires égaux pour tous [24]. »

Paris années 70 – Réunion à l’agence de presse Fotolib. De gauche à droite : Gérard-Aimé, Francine Bajande, Danielle Guardiola, Caroline Lespinasse, Michel Puech. Photo ©Christian Poulin

A Fotolib, tout se décide en réunion

Des réunions avec débats qui durent de longues heures. Un exemple

« le 25 novembre 1973 « il a été décidé que Marc [ndlr: Sémo] est responsable des posters, Jean-François [ndlr: Graugnard] est responsable du courrier [25]». De plus, il est envisagé que pour chaque poste il y ait un référent ainsi qu’un second photographe permettant d’assurer un remplacement. Christian Poulin, qui signe les statuts de l’entreprise sous le titre de « photographe tireur » devient le responsable du laboratoire de Fotolib. Il réalise les tirages de ses collègues photographes, ainsi qu’il l’avait déjà fait à l’APL. Françoise Marette, appelée Yane, signe sous le titre de « documentaliste photo ». Elle s’occupe de la diffusion des photographies avec Joëlle Bertin. Jean-Claude Trastour occupe également le poste de responsable de la diffusion, mais on ne connait pas sa date de prise de fonction. Yane prend également en charge le classement des photographies et la constitution des archives de Fotolib. Le règlement intérieur de l’Agence de Presse Fotolib précise qu’un permanent est aussi affecté à l’administration de l’agence afin d’effectuer les relevés de piges, les feuilles de salaires, les courriers ainsi que la comptabilité. Enfin, un coursier serait aussi embauché. Ce document indique les horaires de travail correspondant à chacun des postes, ainsi que le détail de ses missions. [26]»

Dès les premiers mois de fonctionnement, l’agence se heurte à des difficultés financières liées à l’absence de trésorerie. Pour y remédier, le 1er février 1974, le conseil d’administration autorise le Pdg de l’agence à souscrire un emprunt de 30 000 Francs (24 033€/2020) auprès d’une amie, Madame Vialfond. Emprunt garanti par la caution sur les biens personnels de Gérard-Aimé et de Michel Puech et venant à échéance le 1er septembre 1975. Mais au-delà des difficultés financières, ce sont les divergences politiques qui vont donner naissance à la première crise.

Le 18 mars 1974, Gérard-Aimé fait une demande d’adhésion à la FFAP en vue d’obtenir l’agrément de la Commission Paritaire des publications et agences de presse (CPPAP). En fait, il s’agit de normaliser la position de l’agence dans le marché de la photographie d’actualité.

Parallèlement la première crise au sein de l’équipe débute le 2 avril 1974 avec la mort du Président Georges Pompidou. Ce décès provoque un vif débat au sein de l’agence entre ceux qui sont pour « couvrir » l’évènement, les photographes issus du Boojum Consort, et ceux qui s’y opposent au nom de la « ligne politique », plutôt issus de l’APL. A l’initiative de Jean-François Graugnard et de Christian Poulin, une grève éclate avec occupation du laboratoire pour empêcher le développement des films réalisés par les photographes qui se rendent à la cérémonie en mémoire de Georges Pompidou à la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Paris, années 70 - Christian Poulin à gauche et Jean-François Graugnard devant la porte de l'agence. Photo (c) Christian Poulin
Paris, années 70 – Christian Poulin à gauche et Jean-François Graugnard devant la porte de l’agence. Photo ©Christian Poulin

Le 14 juin 1974, Libération, qui soutient plutôt la rébellion des photographes de Fotolib, publie deux tribunes concernant la crise.

« A Fotolib s’était développée la tendance de vouloir faire une agence de photographie de gauche qui puisse être concurrentielle avec les autres agences. Tout couvrir tendait à être la nouvelle devise de l’agence. Il est significatif qu’une partie de la crise se soit cristallisée autour de la mort de Georges Pompidou, puisqu’à ce moment le secrétariat de rédaction en place avait donné comme orientation tout couvrir. »

La crise éclate donc d’une différence de conception des missions de l’agence : certains veulent couvrir tous les événements pour que l’agence soit concurrentielle, d’autres désirent choisir plus politiquement les reportages à faire. Il apparait une scission dans l’équipe de Fotolib, entre ceux qui tendent à privilégier le bon fonctionnement de l’agence, et mettent en avant l’impératif professionnel, et ceux qui veulent privilégier la raison d’être sociale de Fotolib à travers un travail plus engagé. Cette crise change profondément l’agence.

Fotolib après 1974 n’a plus grand chose à voir avec la première version. En plus des huit signataires du « bilan de la faillite » dans Libération, « Yane, Joëlle Bertin, Jean-François Graugnard, Caroline Lespinasse, Didier Maillac, Christian Poulin, Marc Sémo, Christian Weiss », Danielle Guardiola a quitté l’agence dans le courant de l’année, et Michel Puech démissionne le 13 novembre 1974.

Parallèlement, Libération vit également une crise semblable qui conduit au retrait de Jean-Paul Sartre de la direction du titre, au départ de Jean-Claude Vernier et à la nomination de Serge July à la rédaction en chef, terme qui n’existait pas jusqu’alors dans ce quotidien.

Dans le même temps, l’époque est chamboulée par la chute de Salvador Allende au Chili, couverte pour Fotolib par Jean-Noël Darde et le coup d’Etat militaire du Portugal, qui en devenant « La révolution des œillets » va permettre à de nombreux photographes de Fotolib de faire de multiples reportages. Michel Puech, qui vient de quitter son poste de chef des infos s’y rend le premier mais pour l’agence Hupper. Pour Fotolib, Pascal Lebrun, Pascal Pugin, Christian Weiss et même Serge July iront photographier les œillets dans les canons des fusils des putschistes et fera une étonnante photo de Jean-Paul Sartre entouré de militaire.

« Les désaccords dans l’équipe fondatrice de Fotolib se cristallisent sur le choix des journaux auxquels vendre les reportages. L’article dressant un bilan de l’expérience Fotolib publié dans Libération rapporte que la vente aux journaux de la grande presse était privilégiée …/…  L’article précise qu’ « une vente de tirages à prix réduit aux militants existait, mais n’était fondée sur aucun fonctionnement précis puisque ce n’était pas très rentable. » Ce déséquilibre de traitement entre la presse classique et la presse d’extrême gauche démontre un décalage entre la volonté première de Fotolib d’aider les luttes et la mise en pratique de la vente de photographie de presse. Finalement, Fotolib ne semble pas trouver l’équilibre entre sa volonté de vivre du métier de photographe, qui demande de fournir des photographies sur des sujets variés à une presse grand public, et son désir de faire de la photographie sociale et militante, qui se vend à un nombre de journaux restreint et à prix très bas. [27]»

« L’attentat fasciste »

©Fotolib

Le mercredi 8 octobre 1975, un évènement va considérablement entraver le fonctionnement de l’agence : des individus armés ont menacé deux collaborateurs. Il y a eu vol, pillage et tentative d’incendie des archives photographiques. Le lendemain, jeudi 9 octobre 1975, l’un des deux collaborateurs, Jean-Michel Canaff déclare à l’inspecteur de Police Serge Nowiski : « Je me suis trouvé nez à nez avec un homme armé d’un pistolet braqué sur moi …/… J’ai eu le temps d’apercevoir Giovanni Zampieri [28] entouré de cinq ou six hommes à visage découvert et correctement vêtus.[29] »

Marc Sémo – Photo ©Fotolib

Cet évènement sera revendiqué par Groupe d’Intervention Nationaliste (GIN), un mouvement d’extrême-droite composé d’une vingtaine de personnes issues du mouvement Ordre Nouveau dissout le 28 juin 1973. Un des auteurs sera jugé pour détention de matériel volé à l’agence.

L’attentat a été précédé d’une autre affaire. A la suite d’un reportage photographique de Marc Semo sur l’entrainement au tir de vigiles, la société ACDS a porté plainte et le 8 juillet 1975, la justice condamne l’agence à la destruction des négatifs et à 225 000 Francs de dommages et intérêts.

« Je suis arrivé à l’agence au moment où il fallait vendre à toute la presse quand bien même celle de gauche serait prioritaire. » témoigne Pierre Abramovici [31]

« Les reportages se partagaient entre les sujet sociaux et les sujets nationaux et internationaux dont b

eaucoup de politique française (on est au cœur de l’union de la gauche). Pour ce qui me concerne, j’ai couvert un tas de sujets sociaux, militants et des faits divers mais également l’Espagne franquiste, la guerre civile libanaise, le conflit en Irlande du nord, des sujets sociaux en Grande Bretagne, en Europe du Nord, l’extrême-droite en Europe notamment en Italie et les débuts du combat antinucléaire en Suisse, en Allemagne et en Belgique… Donc une activité très diverse et sans positionnement politique dans le concept. L’idée était plutôt de couvrir ce qui ne l’était pas par les médias. Ceux qui, comme moi, sont arrivés à partie de 1974-1975, ont plutôt vécu l’agence comme un tremplin pour, soit continuer le métier, soit partir vers une autre forme de journaliste. »

Mais les agences concurrentes vont réaliser une meilleure couverture des grèves, des manifestations et mouvements sociaux de l’époque. L’occupation de l’usine de montres LIP à Besançon sera ainsi couverte par plusieurs agences photographiques dont Gamma et Rapho. Enfin, il semble que les clients tardent à régler leurs factures.

Paris 1975, le journaliste Francis Zamponi directeur de l’information de l’agence de presse Fotolib. Photographie ©Jeff Queneau

Au 31 décembre 1975, le commissaire aux comptes note que le compte client est débiteur de 105 873 Francs (75 903€/2020) alors que la charge salariale est de 90 878 Francs. Le 3 juillet 1975, Gérard-Aimé écrit à la Direction départementale du travail et de la main-d’œuvre pour demander l’autorisation de licencier les journalistes Caroline Lespinasse, Marc Sémo, Jean-Claude Trastour, Francis Zamponi, Jean-François Queneau, « du fait de problèmes financiers importants qui existent actuellement, de nombreux journaux quotidiens et hebdomadaires ont disparu ou sont en passe de disparaitre. [32]» La situation ne va cesser de se dégrader et le commissaire aux comptes multiplie les avertissements. Le 1er novembre 1976 l’assemblée générale des sociétaires décide la liquidation de la société. Jean-Claude Trastour est nommé liquidateur.

En 1977, le bilan[33] laisse apparaitre un chiffre d’affaires de 47 838 Francs (28 606 €/2020) avec un déficit de 14 498 Francs (8 669€/2020). Cette année-là les plus gros clients sont Libération, Le Matin de Paris, Tribune Socialiste, Politique Hebdo, Rouge. Le 12 juin 1978, le commissaire aux comptes Remo Zambon se plaint auprès de Gérard-Aimé de ne pas arriver à le joindre… Le bilan de l’année fait apparaitre un chiffre d’affaires de 17 770 Francs (9 742€/2020). Cette année 1978 semble être réellement celle de la fin d’activité de l’agence, même si Marc Sémo, Caroline Lespinasse, Jeff Queneau et Jean-Pierre Loiret sont encore notés comme récipiendaires de droits d’auteurs. La coopérative sera fermée [34], sans dépôt de bilan, par Gérard-Aimé.

JC Trastour ©Fotolib

En 1980, à la suite de la liquidation de la SCOP, Fotolib cède à La Compagnie des reporters  « les droits et les créances suivants : 1/ Le droit d’utiliser sa dénomination sociale, 2/ Les créances de FOTOLIB, non encore facturées, en règlement des droits de reproduction dûs à Fotolib en raison de la parution de photos pour lesquelles elle détient les dits droits dans la presse, comme toute utilisation de photos dont elle détient les droits par tout utilisateur, et qui n’ont pas été portées à la connaissance de Fotolib par lesdits utilisateurs, 3/ Les droits créés par l’utilisation des tirages laissés en dépôt chez les utilisateurs potentiels, ainsi qu’il est d’usage dans les agences de presse photographiques et utilisés à l’avenir avec ou sans la mention Fotolib, 4/ Les droits de reproduction auxquels Fotolib pourrait prétendre pour I ‘utilisation de ses tirages à partir de ce jour.[35] »

Ces fonds photographiques ne seront jamais incorporés à ceux de La Compagnie des Reporters. Gérard-Aimé en assurera le stockage dans différents lieux, pour finalement les sauvegarder à son domicile de Livron dans la Drôme où l’équipe d’amis qu’il désignera les retrouvera après son décès.

Constitué d’environ 30 000 tirages et 6 000 négatifs, le fonds d’archives Fotolib n’a jamais été exploité après la fermeture de l’agence. En plus des archives administratives et photographiques de Fotolib, il comporte des documents et des photographies de l’Agence de Presse Libération et du Boojum Consort. Ce fonds d’archives a été pris en charge par les amis désignés par Gérard-AImé : Danielle Guardiola, Marie-Noelle Garric, Christian Jaquamet, Francis Zamponi, Michel Puech sous l’autorité de Pierre Lemardeley, son beau-frère représentant la veuve, héritière légale. D’un commun accord, le fonds a été déposé le 4 juillet 2018, au département des Photographies de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris sous la direction de Bérengère De L’Epine, conservatrice.[36]  Un pré-inventaire a été réalisé en attendant une évaluation plus précise et dans l’espoir d’une numérisation pouvant donner accès aux chercheurs.

©Michel Puech

Fiche de l’agence de presse Fotolib

Voir également Boojum Consort et Agence de Presse Libération

Notes

  • [1] Agrément de la CPPAP de 1973
  • [2] Statuts originaux de Fotolib. Archives Fotolib / Ville de Paris/ BHVP
  • [3] Se reporter à la notice Agence de Presse Libération
  • [4] Pierre Assouline (Maroc, Casablanca 17 avril 1953) est un journaliste, romancier et biographe français. Ancien responsable du magazine Lire, membre du comité de rédaction de L’Histoire et membre de l’académie Goncourt depuis 2012.
  • [5] Francis Zamponi (Algérie, Constantine, 8 avril 1947) est un écrivain, ancien journaliste (CCIJP n°36 582) et responsable du secteur Police-Justice au journal Libération.
  • [6] Jean-Claude Trastour ( 1er aout 1943-2008) est un ami d’enfance de Gérard-Aimé, natif de la Drôme. Commercial puis journaliste (CCIP n°36 583). Après Fotolib, il ouvrira le restaurant La connivence près de la Bastille.
  • [7] Gérard-Aimé débute la photographie professionnelle à l’agence APIS, il collabore également à Europress. Après Fotolib, ses photographies seront diffusées par Sygma puis par Rapho. Son fonds est déposé à la BHVP.
  • [8] Francine Bajande est d’abord une militante de la Gauche Prolétarienne, puis de l’APL. Après Fotolib elle collaborera à Marie-Claire, à l’Humanité et diffuse ses photographies via Rapho
  • [9] Danielle Guardiola (Algérie, Alger 17 mars 1950) est journaliste, elle participe au Boojum Consort puis à Fotolib et ensuite à La Compagnie des Reporters. Ancienne responsable du secteur télématique du Groupe Marie Claire.
  • [10] Caroline Lespinasse (née le 18 janvier 1950) est journaliste photographe CCIJP n°32 937, elle participe à la création de Libération
  • [11] Didier Maillac militant à l’APL, puis cofondateur de Fotolib et ensuite de l’agence REA
  • [12] Christian Poulin, avant Fotolib, est tireur à l’AFP, après Fotolib il travaille à Libération pendant dix ans. Voir son site personnel https://www.christian-poulin.fr/
  • [13] Christian Rausch débute la photographie comme laborantin dans un studio, puis devient photographe à l’APL. Après Fotolib, il collabore au Figaro et à La Compagnie des Reporters, publie dans de nombreux magazines et  rejoint l’agence Rapho
  • [14] Marc Sémo (né le 12 juillet 1952), est d’abord journalist photographe (CCIJP n°34 912) au Boojum Consort puis à Fotolib avant de devenir grand reporter et chef de rubrique à Libération. Il est rédacteur en chef au quotidien Le Monde.
  • [15] Christian Weiss est un photographe indépendant, écologiste de la première heure, chargé de cours à l’Université
  • [16] Serge July (Paris, 27 décembre 1942) est militant communiste au journal Clarté, cofondateur de la Gauche Prolétarienne, cofondateur du quotidien Libération qu’il dirige de 1974 à 2006. Collabore à Europe 1, RTL, TF1, France 3 et LCI. Auteur du Dictionnaire amoureux du journalisme (Editions Plon)
  • [17] Demande d’adhésion à la FFAP en date du 18 mars 1974 – Archives FFAP
  • [18] Lettre de Michel Puech à La Vie Ouvrière, à l’attention de Madame Van Der Schotten, 24 octobre 1973, archives personnelles de l’auteur
  • [19] La naissance de l’agence photographique Fotolib, entre militantisme et professionnalisation. 1971-1974. Mémoire de Master 2 Histoire de la photographie de Marine Narcisse sous la direction de Michel Poivert.  Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • [20] Compte-rendu des consultations du 16 et 18 juillet, été 1973, archives personnelles de l’auteur
  • [21] Jean-François Graugnard entretien avec Marine Narcisse pour son mémoire de Master 2
  • [22] Compte-rendu de la réunion du dimanche 25 novembre 1973, archives personnelles de l’auteur
  • [23] Michel Guerrin, op. cit., p.21 ; p.29-31.
  • [24] Bilan de la faillite de Fotolib, in Libération, vendredi 14 juin 1974, p.12, Archives personnelles de l’auteur.
  • [25] « Compte-rendu de la réunion du dimanche 25 novembre », 25 novembre 1973, archives personnelles de l’auteur
  • [26] La naissance de l’agence photographique Fotolib, entre militantisme et professionnalisation. 1971-1974. Mémoire de Master 2 Histoire de la photographie de Marine Narcisse sous la direction de Michel Poivert.  Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • [27] La naissance de l’agence photographique Fotolib, entre militantisme et professionnalisation. 1971-1974. Mémoire de Master 2 Histoire de la photographie de Marine Narcisse sous la direction de Michel Poivert.  Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • [28] Giovanni Zampieri, photographe et tireur italien travaille alors au laboratoire de l’agence.
  • [29] Témoignage de Jean-Michel Canaff – Archives Fotolib / BHVP
  • [30] Jean-François Queneau dit Jeff (né le 14 mai 1950) est un journaliste photographe
  • [31] Pierre Abramovici (Monaco 22 décembre 1955), journaliste, documentariste et historien. Courriel à l’auteur janvier 2021
  • [32] Gérard Bois, PDG, courrier à la Direction départementale du travail et de la main-d’œuvre en date du 3 juillet 1975. Archives Fotolib / Ville de Paris / BHVP
  • [33] Les chiffres des bilans comptables. Archives Fotolib / Ville de Paris / BHVP
  • [34] Rapport général de Remo Zambon, commissaire aux comptes en date du 16 novembre 1980
  • [35] Acte de cession enregistré le 11 décembre 1980 entre Jean-Claude Trastour liquidateur de Fotolib et Michel Puech gérant de La Compagnie des Reporters SARL.
  • [36] La naissance de l’agence photographique Fotolib, entre militantisme et professionnalisation. 1971-1974. Mémoire de Master 2 Histoire de la photographie de Marine Narcisse sous la direction de Michel Poivert.  Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • [37] La photographie du mouvement ouvrier des années 1970 à travers l’expérience de l’agence Fotolib, à Lausanne in www.a-l-oeil.info
  • [38] Agence Mag Presse, 83 rue Léon Flot, Paris 11ème arrondissement