EDITORIAL

Lee Godie
« Je suis bien meilleure que Cézanne !»

Dernière révision le 9 septembre 2022 à 08:48 par la rédaction

© lee Godie

De la fin des années 60 jusqu’à celle des années 80, Lee Godie a arpenté les rues de Chicago pour vendre ses peintures et dessins aux visiteurs de l’Art Institute et aux passants de Michigan Avenue.

Jamot Emily Godee (Chicago, 1er septembre 1908 – Chicago, 2 mars 1994) est née dans une famille de 11 enfants, elle aurait pu connaître la destinée banale d’une ménagère américaine mais sa vie bascule après un divorce et le décès de deux de ses trois enfants. Elle vit dans la rue par choix et, sans formation particulière, commence à peindre, s’autoproclamant impressionniste française, et affirmant que son travail est aussi important que celui de Paul Cézanne.

Vêtue d’un manteau en peau de lapin et portant des chaussures orthopédiques pour homme, elle abordait ses potentiels clients, elle leur déclarant : « Voulez-vous acheter des toiles ? Je suis bien meilleure que Cézanne ! ». Prolifique, elle utilisait l’aquarelle, le crayon de couleur, la détrempe ou le stylo à bille sur nombre de supports comme la toile, le carton, les feuilles de papier voire des stores de fenêtre récupérés dans une poubelle.

Dans les années 70, elle a également réalisé plusieurs centaines d’autoportraits dans des cabines photographiques de la gare routière de Chicago, où, bien que marquée par la rudesse de sa vie dans la rue, elle se met en scène et se réinvente en caricature de l’idéal féminin américain du moment. Accentuant sa féminité par des accessoires ou en dessinant sur ses portraits, elle joue la fille glamour, la chanteuse ou la peintre. Fruits d’un foisonnant travail, ses tableaux et ses photos sont maintenant conservés dans de nombreuses galeries ou musées américains.

Voir des oeuvres de Lee Godie à la galerie Hammer

 

 

 

Gilles Courtinat
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