Fronts

Meurtres de journalistes
Presse et gouvernement doivent réagir plus vigoureusement

Frédéric Leclerc Imhoff – Photo AFP

Frédéric Leclerc-Imhoff, a été tué ce lundi 30 mai 2022 lors d’une attaque de l’armée russe sur un convoi humanitaire en Ukraine.

On atteint là le comble de l’ignominie, de la violation de toute loi sur la guerre établie depuis la seconde guerre mondiale. Selon Reporters sans frontières (RSF) il serait le huitième reporter tué dans cette guerre, oubliant que la dite guerre a débuté en 2014.

Tout le monde, ou presque, y compris les médias français a oublié les débuts de cette “opération militaire”. Heureusement, il y a la presse italienne pour se souvenir  d’Andrea Rocchelli et de lui.

Il y a huit ans, le 24 mai 2014, alors que l’armée russe et les séparatistes du Donbass se battent contre l’armée ukrainienne, William Roguelon, un jeune photojournaliste français est grièvement blessé aux côtés du photojournaliste italien Andrea Rocchelli et du russe Andrei Mironov, leur fixeur, défenseur des droits de l’homme.  William Roguelon retrace ici les grandes étapes du combat qu’il partage avec la famille Rocchelli.

Le moins que l’on puisse dire, est que les Ukrainiens ne favorisent pas la transparence de l’information sur ces meurtres, et que le gouvernement français ne met pas tout en œuvre pour faire éclater la vérité et, rendre la justice.

Les nombreux meurtres de journalistes restent le plus souvent impunis qu’ils soient perpétrés par des armées officielles (Russe, ukrainienne, israélienne etc.) ou des mafias comme au Mexique. Si à côté des pertes humaines civiles, le nombre des journalistes tués peut sembler minime; et passer pour les risques du métier; il témoigne du double mépris des états pour le respect des conventions de Genève qui sont sensées protéger les civils et les journalistes.

Il est temps que le Président de la République française, qui soutient l’Ukraine, fasse savoir au Président Volodymyr Zelensky que les crimes de l’armée russe ne blanchissent pas ceux de son armée.  Dans toutes les guerres, il n’y a jamais les “bons” d’un côté, et les “méchants” de l’autre.

La guerre est une zone grise que la presse a pour mission de rendre transparente.

Michel Puech

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l’Affaire Rocchelli, Mironov, Roguelon

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