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Au Portugal,  un putsch réussi 
« La révolution des œillets »

Mis à jour le 11 mai 2022 par Redaction

Portugal, Lisbonne, 1er mai 1974 – Les ouvriers des chantiers d’Almada se rendent au meeting du 1er Mai qui fête la victoire de « la révolution des œillets ». Photographie en hommage à celle de Joseph Kudelka à Prague en 1968 – ©Michel Puech

 

Le 25 avril 1974 au matin, les journaux radiophoniques annoncent un coup d’état au Portugal. Le Mouvement des Forces Armées (MFA) a pris le pouvoir. La surprise est totale. Et l’inquiétude pointe immédiatement dans les esprits. L’année précédente, le 11 septembre 1973 un autre coup d’état militaire avait mis fin au mandat de Salvador Allende au Chili. Autant dire que le putsch de Lisbonne semblait de très mauvais augure.

A l’époque, je suis directeur général et  rédacteur en chef de l’agence de presse Fotolib, mais de fortes divergences dans l’équipe des fondateurs de cette agence dans la mouvance du jeune quotidien Libération aboutissent à une grève, à un blocage du laboratoire photo…

Je suis lassé des débats politiques entre fractions de groupuscules d’extrême gauche. Mon ami Gérard-Aimé, Président de la coopérative de l’agence est lui aussi fatigué.  Je démissionne de mes fonctions et pars à la campagne avec Danielle Guardiola dans la maison de Francine Bajande. C’est là que nous apprenons le putsch.

J’ai envie de retourner travailler, de retourner au reportage. Mis à part des voyages en Algérie, j’ai peu voyagé faute de moyens financiers. L’occasion est trop belle. Quelques coups de téléphone dans des rédactions… J’ai 26 ans, je suis journaliste depuis quatre ans. J’ai donc peu d’expérience.

De coup de téléphone en coup de téléphone, j’arrive à la rédaction d’Hupper International Presse. C’est une petite agence de photos dont j’ai vu la signature dans des journaux de gauche et d’extrême gauche. Il semble qu’elle ait les mêmes clients que Fotolib. Patrick Souillard, le directeur est d’accord pour me faire une accréditation et me donner de quoi acheter un billet d’avion. Formidable, sauf que l’aéroport est fermé. Je partirai finalement avec le premier vol autorisé à se poser à Lisbonne. Dans le même avion, il y a Mário Soares… Mais je ne le connais pas, donc il n’y aura pas de photo !

Chaque année je repense à ces moments exceptionnels vécus à Lisbonne et que j’ai déjà racontés ici. Cette expérience de « hot news », la première et la dernière me marquera à jamais et fait que des années après je comprends toujours les raisons qui poussent les photojournalistes à sauter dans le premier avion pour être là où ça se passe.

Michel Puech

 

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