Histoire

Il y a 50 ans
La mort de Pierre Overney et
le trucage des photographies…

Mis à jour le 31 mars 2022 par Redaction

25 février 1972 Pierre Overney est assassiné par Jean-Antoine Tramoni à la porte Emile Zola de l’usine de la Régie Renault © Christophe Schimmel
Le 25 février 1972 Pierre Overney, jeune militant de la Gauche Prolétarienne, est tué par Jean-Antoine Tramoni à la porte Emile Zola de l’usine de la Régie Renault © Christophe Schimmel

Le 25 février 1972, un jeune homme de 23 ans mourait d’une balle de pistolet en pleine poitrine devant la porte de l’usine Renault de Boulogne-Billancourt. La mort de Pierre Overney sonnait cruellement la fin des espérances et des rêves du mouvement de mai 1968.

Son assassin Jean-Antoine Tramoni, un vigile de l’usine, n’a pas bénéficié de la légitime défense sur la foi d’une série de photographies prises par Christophe Schimmel dont l’ordre des prises de vue a été volontairement supprimé par les dirigeants de la Gauche Prolétarienne (GP), un groupuscule d’obédience maoïste. Le tribunal a ainsi été privé des preuves des circonstances du drame. Or, dans notre interview de février 2012, Christophe Schimmel affirme – et confirme aujourd’hui – que les assaillants armés de manches de pioche, avaient pour consigne de « casser du petit chef ». Emprisonné, puis libéré, Jean-Antoine Tramoni a été exécuté le 23 mars 1977, par les Noyaux armés pour l’autonomie populaire (NAPAP). Ses assassins n’ont jamais été retrouvés.

Depuis cinquante ans, Christophe Schimmel essaie de retrouver ses négatifs pour rétablir la vérité, pour expliquer l’ordre réel des prises de vue. Mais les négatifs sont introuvables. Les archives de Maître Henri Leclerc, avocat dans cette affaire, ont été détruites dans un incendie et pour consulter les archives des tribunaux, le ministère de la Justice réclame un numéro d’audience qu’il n’a pas ! Toutes ces demandes, malgré l’appui moral du fils de Jean-Antoine Tramoni échouent sur la même question : le numéro de l’audience !

 

 

Christophe Schimmel, qui a consacré sa vie à militer, ne perçoit que le minimum vital comme retraite. A 68 ans, il doit travailler pour payer son loyer et, n’a pratiquement jamais vu la couleur d’une pige de droit d’auteur pour ces photographies qui ont bouleversé sa vie.

« Je ne lâcherai rien ! » dit-il encore aujourd’hui. Je veux retrouver ces négatifs. Aux Assises, ce jour-là, il n’y avait pas mille procès, même sans numéro d’audience on doit pouvoir retrouver ces pièces à conviction. S’il le faut, j’irai moi-même voir Dupond-Moretti au Ministère ! »

Michel Puech

 

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