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« Alors je vous salue je vous aime tous » par Fabrizio Calvi

Mis à jour le 28 octobre 2021 par Redaction

Fabrizio Calvi a choisi de nous quitter samedi dernier 23 octobre 2021. Une cérémonie en sa mémoire a lieu aujourd’hui 28 octobre 2021 a 16 heures à laChapelle de Beausobre à Morges dans le canton de Vaud en Suisse. 

Voici son dernier message  message posté le 23 octobre 2021 sur son profil Facebook (texte intégral)

Je pars, je m’enfuie, je sors. Le corps rongé par la maladie de Charcot je descends du train avant l’horrible terminus qui m’est promis. Ma femme adorée, la femme de ma vie, ma reine gitane pour toujours, mes enfants, mes amis proches m’ont offert un dernier et merveilleux été dans notre paradis de Marrakech. Ils ont tous parfaitement compris le sens de mon geste, admirablement expliqué par une autre victime de Charcot, l’auteur Anne Bert.

Alors je vous salue je vous aime tous

“ALS m’a tout pris. Mon espérance de vie, mes projets, mon imagination, mes désirs, mon intégrité physique, mon autonomie, mes rêves et mes nuits. Cela m’a laissé la terreur d’être momifié vivant et la certitude de mourir très vite, sans savoir exactement quand. Ma mort est programmée, mais seulement par elle. Je veux mourir en paix, avant d’être torturé. Je vais prendre les routes secondaires, traverser la frontière pour fuir l’interdiction. De choisir ma mort sans renoncer à mon goût pour la vie. ”

“Ça va si vite. Je ne veux rien de tout ça, ni les aides sous-vivantes, être branché ici ou là, ou même être nourri à la cuillère ou respirer assisté. Je ne veux pas subir l’approche de cette catastrophe finale. Parce que le calvaire mental de l’épuisement physique et de l’emprisonnement empire, je veux pouvoir déposer les armes sans attendre le jour qui sera trop tard. Mourir n’est pas mon projet de vie. Je ne veux pas mourir. C’est la SLA mon adversaire qui me donne la mort. Je refuse de faire un pacte avec l’ennemi, de collaborer, de la regarder construire ma prison de pierre, de lui passer la truelle. Je refuse l’agonie qui ne parle que de lutte vaine et angoisse. ”

C’est la SLA mon adversaire qui me donne la mort. “Et donc, ce projet : “Je ne me dégage pas de la responsabilité de ma fin, cela fait partie de ma vie, je ne le livre pas contre ma volonté à la profession médicale impuissante. Il me reste une dernière liberté : choisir la façon dont je mourrai.

Fabrizio Calvi

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