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1971 Irlande, une passion française

1971… Irlande. Pourquoi cette fascination pour le conflit en Irlande du Nord ? Une passion très française. On a été nombreux à aller là-bas…

Pour ce qui me concerne, tout commence à l’été 1967. À l’époque, on m’envoie en séjour linguistique à Dublin. Franchement, apprendre l’anglais à 11 ans et demi c’est difficile surtout en cours le matin avec uniquement des petits français…

Cependant, le pays me plait et j’en redemande en 68 et en 69. Cette année-là, avec des copains, on décide de monter à Londonderry visiter la ville… Et boum, on tombe en plein dans le début des « troubles ». Evidemment, je ne perçois pas la guerre, j’y vois plutôt une sorte de 68 un peu plus violent. On reste coincés deux-trois jours sur place, dans un hôtel ; par la fenêtre, avec mon Instamatic Kodak, je prends quelques photos (J’ai perdu la pellicule) …

Je suis assez excité, j’avoue. Alors, au fil du temps, je me tiens au courant, je m’intéresse, je me renseigne, j’y vais deux fois pendant des vacances, pour visiter, pour voir, essentiellement à Belfast et à Derry, le vocable utilisé par les catholiques pour nommer Londonderry.

Depuis l’affaire Guiot, j’ai un nouvel appareil, un vrai : ma mère – qui a perçu mon intérêt pour la photo – m’a offert un réflex Canon FTb équipé d’un 50 mm (auquel j’ajouterai par la suite, un 35 et un 135). L’appareil est tout nouveau et il est bon. Accessoirement, je n’ai évidemment pas d’argent, elle me paye de courts séjours en Irlande.

A Dublin, je suis stupéfait de photographier le camion d’une compagnie de blanchissage bien connue à l’époque à l’enseigne de la « Swastika, nettoyage à sec ». J’ignorais alors que, malgré sa neutralité, l’Irlande du Sud avait parfois frayé avec les nazis pendant la guerre et que cette enseigne ne choquait pas grand-monde. J’écrirai là-dessus par la suite.

Je fais le tour des auberges de jeunesse irlandaises, du nord et du sud (il y en avait une très étrange à côté de Derry, une sorte de château hanté…). Je n’ose pas trop photographier les soldats anglais, ni les gens ; alors je photographie les lieux, notamment les quartiers catholiques qui ont été attaqués et pour certains brûlés. A l’été 71, j’ai 15 ans et demi (toujours demi, je suis né en décembre !)

J’ai commencé, je ne m’arrêterai plus pendant dix ans…

Pierre Abramovici

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