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L’arnaque de Jonas Bendiksen, « photojournaliste » chez Magnum

Mis à jour le 25 septembre 2021 par Redaction

Chaque année, à Bayeux en Normandie, les journalistes, reporters, preneurs de son, cameramen, photojournalistes se recueillent au Mémorial des reporters. Un dur chemin, une profession exigeante. Photographie Geneviève Delalot pour A l’oeil

 

Jonas Bendiksen est un photographe norvégien de 44 ans, multi-primé par des institutions comme le World Press Photo ou le National Geographic. Il est devenu membre de l’agence Magnum Photos en 2008, et même son président en 2010. Malheureusement, de tous ces honneurs, il n’a pas retenu la leçon : être honoré oblige !

Être membre d’une agence américaine dont le bureau français est reconnu par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) aurait dû l’amener à avoir une conduite journalistique digne de la déontologie de ce métier.

Son travail The Book of Veles est un truquage, un faux

Il fut pourtant projeté au Festival international de photojournalisme Visa pour l’image à Perpignan. Jean-François Leroy et son équipe n’ont pas détecté la supercherie, le mensonge.  Rien d’étonnant car l’arnaque a été bien montée. (Lire la réponse de Jean-François Leroy à Jonas Benkdikson)

Le comble est, qu’au lendemain de la projection, l’agence Magnum Photos publie sur son site, une interview en langue anglaise dans laquelle Jonas Bendiksen explique que son The Book of Veles est un faux !

En fait, il ne voulait pas faire un faux public, il visait seulement à abaisser sa profession, en épousant la thèse des populistes sur le journalisme.

Je n’avais pas prêté attention à cette lamentable histoire, jusqu’au moment où postant l’article de Copélia Mainardi pour l’hebdomadaire Marianne sur les réseaux sociaux, j’eus la surprise de constater que des confrères trouvaient cette escroquerie géniale !

Non, Jonas Bendiksen n’a pas fait preuve de génie dans cette affaire, il a juste trompé sa profession, sans oublier le public qui a vu ses images avant que la supercherie ne soit dévoilée. Et cela est une faute professionnelle exceptionnellement grave.

Son argument selon lequel ce travail a été fait pour démontrer la duplicité des fausses nouvelles, « fake news » pour parler comme chez Magnum, est non seulement ridicule mais totalement contre-productif. Aujourd’hui, nul n’ignore que les fausses nouvelles connaissent, grâce à la technique, une ampleur exceptionnelle et nocive. Jonas Bendiksen enfonce un portail grand ouvert !

Mais plus grave, du fait de la profession qu’il affiche : « photojournaliste », sa démonstration se retourne contre la profession. Si les journalistes, eux-mêmes, se mettent à glorifier les fausses nouvelles, les esprits les plus raisonnables vont basculer dans une errance dramatique pour la société.

Et puis, il faut bien aller au bout de la fallacieuse démonstration de Bendiksen : l’excuse de l’art.  Face à la mutation ultra rapide de la presse et à la crise économique qui en découle, de nombreux photojournalistes se tournent vers les galeries, les musées et se mettent à vouloir faire de l’art.  Je n’ai rien contre, mais être artiste n’a rien à voir avec le journalisme ! L’art est imaginaire, le journalisme est une captation honnête de faits bien réels.

La reconnaissance du mélange des genres est une fausse nouvelle.

Michel Puech

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