Fronts

L’agression de Christian Lantenois photographe de l’Union de Reims

Mis à jour le 19 septembre 2021 par Redaction

Christian Lantenois photographe à L’Union (c) DR / L’Union

Photojournaliste aux quotidiens l’Union et L’Ardennais, Christian Lantenois, 65 ans, a été sauvagement agressé, samedi 27 février, dans le quartier de La Croix-Rouge à Reims alors qu’il exerçait son métier de journaliste. Il est toujours dans un état critique.

Jeudi 11 mars 2021, à l’occasion d’une assemblée générale convoquée par l’intersyndicale du journal en solidarité avec le photographe, son épouse a chargé les syndicats de lire cette lettre qui évoque à la fois la considération de la direction pour son personnel, et la médiatisation. Un témoignage fort incitant à la réflexion toute la profession.

« Bonjour, Je suis Jo, la femme de Christian.

J’essaie le plus possible de rester loin de toute cette médiatisation qui est pour moi aussi violente que le reste… De voir tous ces hommages dithyrambiques de la part de la direction me lève le cœur et me fait plus de mal que de bien… C’est facile de se donner bonne conscience et surtout de se mettre en scène dans tous les médias…

Mi 2017, Christian – estimant avoir prouvé ce que, vu les circonstances, on lui reconnaît à l’unanimité – toujours à l’indice 160 à ce jour, demande au rédacteur en chef de l’époque de passer à l’indice 175 de Grand Reporter, pour finir les 6/7 ans de sa carrière et, forcément, un petit plus à la retraite… La réponse fut royalement une seule et unique prime de 300 euros fin décembre de la même année.

On lui a répondu qu’ils allaient voir, en discuter en réunion, que ça suivait son cours, qu’il fallait être patient et, bien sûr, au bout de quelques relances, de toujours avoir une réponse évasive, Christian s’est rendu compte qu’on le menait en bateau, qu’on se fichait de lui, a laissé tomber…

C’était là, le bon moment de lui prouver la reconnaissance de son travail !  Pas sur son lit d’hôpital entre la vie et la mort…

Donc pour conclure, vous traitez l’actualité comme vous voulez, mais cessez cette mascarade de témoignages de collègues même sur les ondes (en plus de personnes qui l’ont peu connu) de la reconnaissance de sa passion, de sa disponibilité, de son sérieux et de son professionnalisme…

En plus, voir vos infos sur son état de santé me sont insupportables et, la plupart du temps, fausses. Vous ne vivez pas ce qu’il vit et ce que nous vivons… Donc un peu de décence et de respect à son égard. Si le pire arrive, il sera grand temps de vous remettre en scène… Quand le soufflé sera retombé, s’il y a une suite, avec ses lourdes séquelles… nous ne retrouverons jamais le Christian que nous avons connu, et, les seuls qui seront encore à ses côtés, seront ses proches, enfants, petits- enfants et moi !

Par contre, je tiens à souligner que les témoignages des lecteurs, les témoignages sur les réseaux sociaux de tous ceux qui l’ont connu, qui l’ont côtoyé dans tant de domaines divers et variés, le portrait de la ville de Reims, le pochoir de Kusek me font chaud au cœur de cette reconnaissance de toutes les qualités de l’homme qu’il était et ne sera plus jamais… Eux, n’ont rien à gagner, que de lui témoigner leur soutien ! »

La colère de l’épouse du photographe est compréhensible, en particulier vis-à-vis de la direction du quotidien employeur. Compréhensible également ce que la médiatisation de l’agression a de violence, néanmoins, on ne peut que se féliciter de la réaction de la profession qui a été extrêmement choquée. A cet égard, on lira avec intérêt dans Le Monde, le témoignage de Pierre Le Masson, photojournaliste de La Voix du Nord qui se conclut par ces mots : « J’aime mon métier, qui est d’être là où les gens ne peuvent pas être. J’aime les gens. Ils nous font rentrer chez eux, ça me plaît beaucoup. Il ne se passe pas une journée sans que je fasse une chose que je suis heureux d’avoir faite. »

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1 Response

  1. L’altérité, le goût des autres, le plaisir d’être là et du partage ne peut justifier en rien le fait d’être si mal payé pour un travail dont la disponibilité est une exigence permanente. Les larmes de crocodiles des patronnes et patrons de L’Union sont aussi pitoyables que le fait de ne pas nommer grand reporter (qui plus est aux portes de sa retraite) un homme qui a plus que fait ses preuves et qui a dépassé la soixantaine. Une honte absolue qu’il ait dû quémander, qui plus est. Même si l’on sait tous combien l’intérêt et l’honneur d’un père qui songe aux études de ses enfants, peut dépasser celui du salarié que nous avons tous été, à un moment … ou pas.
    Jo, sa femme, est formidable dans sa prise de parole. Admiration et respect infini. Voici qui va renvoyer les faux-culs dans leurs bureaux climatisés. Merci à toi, Michel, d’avoir rendu public ce texte.

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