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Rencontre avec Gary Shenk, le patron de Corbis

Mis à jour le 31 décembre 2019 par Redaction

Gary Shenk Pdg de Corbis (c) Geneviève Delalot
Gary Shenk Pdg de Corbis (c) Geneviève Delalot

Corbis, est la société d’images de Bill Gates, celle qui a racheté en 1999 la prestigieuse agence Sygma avant d’en déposer le bilan dix ans plus tard. Cinq photographes l’attaquent en justice à Paris. Pour contrer le mauvais «buzz » le « board » de Corbis a fait le voyage de Seattle au pays des gaulois.

Perpignan est, une semaine durant, le centre du monde du photojournalisme.

3000 professionnels se pressent plus souvent sur les trottoirs et les bistrots, que sur les stands des sociétés du Palais des Congrès. Dans la capitale de la Catalogne française, l’atmosphère est bon enfant, et contraste singulièrement avec le côté rigide des deux leaders du marché : Corbis et Getty Images, chez qui, avant de pouvoir boire un verre, il faut montrer patte blanche à une armée de vigiles. « American way of life, I presum »

L’annonce que Gary Shenk, le Pdg de Corbis, Barry Allen son Financial Chief Officer et Stephan Biberfeld le directeur juridique et dernier gérant de feu Corbis-Sygma,  allaient voyager de Seattle à Londres à Paris pour à Perpignan donner une conférence sur « les évolutions dans le secteur des médias et du photojournalisme » avait mis en appétit les journalistes médias.

On remplit donc des formulaires sur le web. On nous accusa réception. On nous confirma que nous serions accrédités. On nous communiqua la date et l’heure. On nous pria de nous munir de nos « cartons ». Bref, nous nous attendions à devoir rendre compte au minimum d’une information encore non publiée, une « exclue » quoi… Un scoop, nous ne l’espérions quand même pas.

Basic Powerpoint, mais fin cocktail

Jeudi 1er septembre, près de deux cents invités avaient réussi à franchir les barrages pour assister au speach, uniquement en anglais,  de Gary.

Le discours était naturellement accompagné, d’une projection style Powerpoint qui s’ouvrait étonnamment sur une photographie d’Evgueni Khaldei : « le drapeau rouge sur le Reichtag », un document que l’on peut trouver dans les stocks de toutes les agences photo de la planète ! Le discours était en harmonie avec cette « exclusivité » !

Après une rétrospective très sommaire de l’évolution de la presse dans le monde, Gary Shenk nous a déclaré « « souhaiter accompagner la transformation du monde des médias ». On n’en attendait pas moins !

Comment ?  « Grâce un partenariat avec Associated Press pour renforcer nos positions sur l’actualité. » Et puis, il répéta ce que tout le monde savait déjà :  Corbis a acquis Splash News, une agence spécialisée dans ce que la profession nomme le « red carpet » c’est-à-dire la photographie de célébrités

Corbis à également investi dans Demotix, un web collaboratif, qui dispose « de plus de 5 000 photographes professionnels et amateurs dans 190 pays…/… et notamment de « 700 correspondants au Moyen-Orient dont 50 rien qu’à Gaza… » selon mon confrère Nicolas Rauline du blog Les Echos. Les photojournalistes professionnels apprécieront !

Dire que l’assistance a été déconcertée par l’insignifiance des explications du Pdg, est peu dire. Ma consoeur d’un grand quotidien français jugeait l’intervention à peine digne d’un lycéen sachant manier Google. Une autre consoeur, qu’on aurait pensé plus charitable, la jugeait du niveau collège, mais pas au sens américain du terme.

Comme journalist, associate editor de La lettre de la photographie  j’avais la chance d’avoir été invité à trente minutes d’entretien en tête-à-tête le lendemain avec le souriant Gary.

Vous savez que dans le monde américain, on s’appelle par les prénoms. Gary s’était présenté à moi en ces termes : « Hi Michel, j’ai lu vos articles… Intéressant. » Grand sourire amical.

Le lendemain, je le trouvais sur un balcon du Palais des Congrès, une cigarette à la bouche (ndlr : j’ai bien dit un américain une cigarette à la bouche), en grande discussion avec Stefan Biberfeld, autre fumeur mais habitant l’Europe, directeur juridique de son état qui traduisit l’entretien.

Michel Puech

Lire l’interview de Gary Shenk

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