Article

L’imposture d’Arles (SNJ CGT)

Mis à jour le 10 juillet 2011 par Michel PuechCommuniqué du syndicat national des journalistes (CGT) -L’imposture d’Arles publié le 7 Juillet 2011 in l’Humanité.

Le 25 mars 2010, à l’occasion de la 41e édition des Rencontres photographiques d’Arles, Frédéric Mitterrand annonçait la création d’une ‘’mission de la photographie » au sein de son ministère de la culture et de la communication.

Le 9 juillet 2011, soit 16 mois plus tard, il sera à Arles pour prononcer une conférence dont on nous dit qu’il s’agira de faire le ‘’point d’avancement des mesures du ministère en faveur de la photographie’’.

Le SNJ-CGT, qui a participé à toutes les réunions à l’invitation de la mission en direction de la photographie de presse, estime que le ministre aurait pu s’éviter le déplacement d’Arles ; en effet, en ce qui concerne les mesures pour les reporters-photographes, il n’y a nul avancement, mais plutôt des reculs inquiétants.

Même le projet de loi concernant la question des ‘’œuvres orphelines’’ est renvoyé à la rentrée de septembre, à une époque où le calendrier parlementaire sera très embouteillé.

Les journalistes reporters-photographes sont une espèce en voie d’extinction. On en veut pour preuve l’annonce de la vente de la dernière des grandes agences françaises, Sipa Press, à une agence allemande, DAPD, qui a imposé une purge des effectifs avant de conclure la transaction : 34 employés sur 92 et 16 reporters-photographes sur 24 vont être licenciés.

La mission de la photographie ne semble pas ébranlée par l’annonce de la annoncée de Sipa Press. Après les quasi-disparitions de Gamma et de Sygma, on assiste à l’agonie de Sipa Press dans l’indifférence générale.

Le ministère a-t-il l’intention d’annoncer des mesures quand toutes les agences auront disparu avec la bénédiction des patrons de presse qui n’ont que mépris pour la photographie de presse ? A-t-il décidé, comme dans d’autres secteurs, de laisser faire le marché (l’agence DAPD est contrôlée par deux hommes d’affaires à la tête d’un fonds d’investissement) ?

Le SNJ-CGT, lui, ne fera pas le voyage d’Arles, où comble de l’imposture, le ministre ne manquera pas de vanter la grandeur de la photographie ; le syndicat sera aux côtés des salariés de Sipa et, plus largement, aux côtés de tous les reporters-photographes dont les revenus sont devenus insuffisants pour conserver leur carte d’identité professionnelle et qui n’ont plus d’autre perspective que d’abandonner leur métier.

Le SNJ-CGT appelle la profession à manifester sa solidarité avec les reporters-photographes et plus particulièrement avec ceux de Sipa. Et il met le ministre au défi de se rendre au siège de Sipa Press pour manifester sa solidarité autrement que par l’intermédiaire de son comité Théodule.

Communiqué du SNJ-CGT

Montreuil, le 7 juillet 2011

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires. Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.