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Teletel: l’oeil du MEGAT

Mis à jour le 2 mai 2020 par Geneviève DelalotIls sont deux, comme les yeux, l’un à Paris pour l’Ile-de-France, l’autre à Rennes pour les Régions, les DOM/TOM et l’International. Ils ont le formidable privilège d’être les seuls à pouvoir regarder la France télématique au fond des écrans.

L’OEIL DU MEGAT, service d’assistance aux professionnels de la télématique est un article publié en mars 1989 dans le mensuel Fréquence Télécom


De leurs postes d’observation, les “bisons futés” de Télétel renseignent, assistent et conseillent les éditeurs de services télématiques, les centres-serveurs informatiques. Un “service après vente” compétent, efficace et apprécié par les “pros” de la communication électronique.

“C’est miraculeux” s’exclame la fougueuse Michelle Trégan, Direc­trice générale du serveur CTL Méditerranée à Marseille. “Avant… c’était l’enfer. On appelait n’importe qui… on n’obtenait pas de réponse… La devise c’était “Rappelez…”. Aujourd’hui on a le contact avec quelqu’un qui a un nom. En plus il vous rappelle lui-même pour s’assurer que tout est ok”. ” On peut dire aujourd’hui, que, dans les huit heures maximum, tous nos problèmes seront réglés. Ils sont très efficaces et très compétents” ajoute Daniel Cordier, responsable technique de l’exploitation à CTL Méditerranée.

“Un accueil très agréable…” ce sont les premiers mots qui viennent à l’esprit de Danielle Guardiola, Directrice des services télématiques du Groupe Marie Claire “Je les appelle parfois pour des informations. Avec notre centre-serveur VTCOM (FCR) les pannes c’est hyper-rare.

Tout commence par un coup de téléphone au 05 36 13 14. Un Numéro Vert qui fonctionne comme le “13 abonnés”. 24 heures sur 24, le service est assuré par deux centres employant trois personnes chacun qui se partagent les 180 appels/mois. La DRIF assure la région Parisienne et le Mégat de Rennes la province, les DOM et l’international. En fait, les centres se relaient pour assurer un service permanent. “La disponibilité 24/24 est extrêmement importante sur un réseau qui trafique énormément la nuit.” précise Yves Briand. Depuis un an et demi cet inspecteur principal est responsable de la division “Qualité Réseau”.

“Nous avons un dialogue avec le client qu’il soit fournisseur de service, serveur informatique ou service de France Télécom impliqué dans le vidéotex . Pour personnaliser la relation nous devons l’identifier. Puis nous cernons la nature de son problème. Cherche t-il une information ? Nous lui fournissons immédiatement ou nous avisons les services commerciaux pour qu’ils traitent sa question. A-t-il un problème technique ? Nous mettons en batterie tous les outils dont nous disposons pour répondre le plus rapidement possible à son désir”. Yves Briand vibre en exposant le travail de son équipe. Passionné par leur travail, ils le sont visiblement tous dans cette “tour de contrôle” exceptionnelle.

Le réseau Télétel est complexe. Du Minitel ou du micro-ordinateur communicant de l’abonné à l’ordinateur-serveur qui diffuse les informations, la route est longue. Réseau RTC, commutateurs, points d’accès vidéotex, liaisons avec l’autoroute Transpac, bretelle de sorties, PAVI, commutateurs, réseau commuté…. Voilà en raccourci l’itinéraire fabuleux que suit la moindre recherche d’horaire de train…. “En fait, ce réseau fonctionne formidablement bien” constate-t-il en regardant les différents écrans de contrôle qui constituent l’un des postes de travail. Devant mon regard sur l’empilement hétéroclite des moniteurs et des machines de toutes sortes, il sourit. “Nous déménageons bientôt dans de nouveaux locaux à la périphérie de Rennes. Là, nous aurons des postes de travail dont nous étudions l’ergonomie avec des ingénieurs-conseils.”. Dans les yeux de l’équipe on voit déjà se profiler le mur d’écran où s’affichera en direct la totalité de l’état de la France télématique. La “circulation électronique” a, elle aussi, son PC.

Les différents “outils” dont disposent ces “contrôleurs du ciel télématique” sont impressionnants. Il y a, bien entendu, la collection complète des Minitel. Mais aussi les “micro-communicants” où se nichent quelques aides électroniques. L’un d’eux s’appelle ETRAV (Equipement de Yest du Réseau d’Accès Vidéotex). ETRAV lance, à travers le réseau commuté, des appels vers des serveurs télématiques raccordés au réseau Télétel ou RTC. Il supervise, analyse le déroulement de la communication. Il est même capable d’engendrer des alarmes en cas de détérioration du service ! DIADEME lui, est le maître d’un réseau de robots esclaves qui se comportent comme des Minitel d’abonnés… Et puis il y a celui “qui n’a pas encore de nom. On n’a pas eu le temps…”­, Un système expert, “fait maison”. Il rassemble les accès aux bases de données, le logiciel d’enregistrement de toutes les signalisations des “clients” et le logiciel d’aide au diagnostic. Côté bases de données, “GIN-serveur” permet d’obtenir en ligne les dossiers des clients, les demandes de chargement des codes de service sur les Points d’accès vidéotex. ARGOAT, lui, est la mémoire des incidents graves. Le dispositif s’appuie sur une vision de l’état du réseau fourni par le Centre de supervision vidéotex (CNSVX) et par un terminal qui donne en permanence la situation des “autoroutes” Transpac. Cette fantastique installation, unique au monde si l’on excepte sa sœur parisienne, est l’un des atouts maîtres du réseau Télétel. Rien n’échappe à l’oeil du Megat !

Publié sous le pseudonyme de Tcherno par Michel Puech

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