USA

Corbis-VCG-Getty
Que devient le fonds photo de l’agence Sygma ?

Le bunker de Locarchives ou Corbis entrepose 50 millions de photos© Locarchives
Le bunker de Locarchives à Garnay ou Corbis entrepose les photographies de l’agence Sygma ©Locarchives

Trois semaines après la vente de Corbis à des financiers chinois alliés à Getty Images, des licenciements à Corbis France et des perspectives d’avenir peu claires pour les millions de photographies du fonds de l’agence de presse Sygma. Le point avec les précisions de Getty.

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Corbis, l’arlésienne de Visa pour l’image

Ce matin, Jean-François Leroy nous  écrit de New York que Corbis lui a confirmé qu’il n’aurait pas de stand à Visa pour l’image. « Ce qui signifie pour le festival une perte sèche de 11 500 euros… »   nous précise-t-il.

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« Only in America » by François Le Diascorn

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Il photographie depuis 40 ans, mais son premier livre vient de paraître en France. Un petit bijou, un écrin pour 71 photographies N&B, résumé de multiples voyages dans tous les Etats-Unis, sauf à Hawaï. Le travail d’un poète amoureux.

 

La fin des années 60, c’est l’époque où en Europe arrive d’Amérique le grand mythe de la « beat generation » : les voyages, la poésie, l’aventure. François Le Diascorn prend la route du Maroc, puis celle de l’Egypte et enfin direction l’Inde. L’Inde, il y va, y retourne, et y retournera encore. A son troisième voyage, alors qu’il s’essaie au photojournalisme de conflit – il veut aller sur la frontière indo-pakistanaise – il rencontre à Calcutta, Nancy Guri Duncan. Elle est journaliste diplômée de la Columbia University et voyage en Asie. Dans un texte émouvant de postface, Nancy raconte leur rencontre, celle d’un Pentax déjà bien cabossé, celui de François, avec un Nikon flambant neuf, celui de la belle blonde américaine.

François Le Diascorn est né en France, le 10 janvier 1947, d’un père breton professeur, et d’une mère méridionale. Chez les Le Diascorn, la photographie n’a pas bonne presse : il faut faire des études. François est donc diplômé de sciences politiques et licencié en droit.

En 1972, il rejoint son amoureuse à Portland dans l’Oregon, travaille pour une chaîne de télévision américaine, puis part pour le Mexique et l’Amérique Centrale avant de rentrer en France. Il trouve du travail dans la publicité chez Procter & Gamble mais « j’étais très malheureux. » dit-il. Retour outre-Atlantique pour le bicentenaire des Etats-Unis.

En 1978 il est adoubé par la petite agence Viva – fondée cinq ans plus tôt par Martine Franck, Hervé Gloaguen, Jean Lattès, Guy Le Querrec, Claude Dityvon, François Hers et Alain Dagbert – au moment où Martine Franck et Guy Le Querrec la quittent pour Magnum. C’est, déjà le début de la fin, ce « collectif » avant l’heure, aura une longue agonie, mais est aujourd’hui reconnu pour son rôle avant-gardiste dans la photographie française.

Il quitte l’agence Viva en 1986 pour l’agence Rapho et reçoit de nombreux prix et bourses pour son travail, parmi eux le prix Angénieux pour – déjà – une « Amérique insolite », un prix du World Press Photo pour son travail sur la rénovation de la Galerie de Zoologie à Paris. Ses photographies ont été montrées dans de nombreux musées et galeries à travers l’Europe et les USA et se trouvent dans plusieurs collections dont celles de la Bibliothèque Nationale, de la Fondation Cartier, du Centre des Arts Plastiques, du Centre Pompidou etc.

 

« En 1982, j’ai obtenu une bourse d’un an de la « Recherche et de Création à l’Étranger ». Une belle bourse ! On a acheté un camping-car et Nancy et moi avons circulé dans tous les Etats américains. Le seul où nous ne sommes pas allés, c’est Hawaï, mais tous les autres… Jusqu’en Alaska. » raconte François Le Diascorn.

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Infatigable, François Le Diascorn cherche à comprendre le comment et le pourquoi de l’existence sur lesquels il porte un regard plus poétique que photojournalistique. Ainsi précise-t-il dans l’introduction : ce livre ne présente pas des photos de l’Amérique, mais des images faites en Amérique.
Perpétuel voyageur, il poursuit toujours, sac à dos, une quête solitaire. Il travaille actuellement sur un grand projet concernant les religions dans le monde. « Récemment, en Grèce, alors que je dormais sur un quai, j’ai regardé autour de moi. Il n’y avait que des jeunes gens. Je me suis demandé quel regard ils pouvaient porter sur le vieux routard que je suis toujours. Mais, bon, je continue à travailler à ma manière, à l’économie. » confiait-il à Visa pour l’image 2009, lors de l’exposition « Only in America » qui n’était pas encore devenue ce livre.

« Ce que j’ai toujours aimé aux US, c’est photographier l’Amérique insolite. Dans les années soixante-dix, c’était encore une Amérique rurale, assoupie, sympathique mais parfois un peu bornée et, où l’on ne trouvait pas encore un bon restaurant. Par contre aujourd’hui, le vin et la bouffe ont pénétré le pays. Avant le 11/09 je n’avais jamais eu aucun problème pour photographier les gens , dans toutes les situations, sauf peut-être les indiens… Il n’y avait aucune suspicion, les américains étaient fiers de l’être. Mais en janvier 2009, à Washington, pour l’investiture du Président Obama, pour la première fois, des gens manifestaient leur refus d’être photographiés. Cela m’a touché. »

Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que la paranoïa des photographiés menace les photographes. En France, cet hiver, François Le Diascorn a été pris à partie alors qu’il photographiait… un salon de coiffure parisien !

La multiplication de ces incidents, entre photographes et photographiés, ajoutée aux difficultés financières de la presse et de l’édition donne un parfum de nostalgie à ce livre d’un photographe humaniste et toujours « on the road ».

Michel Puech

lowdef Only in AmericaOnly in America de François Le Diascorn Texte Nancy Gury Duncan (Français et anglais) ISBN : 978-2-35428-042-0 Éditeur : Creaphis

Site officiel de François Le Diascorn http://www.lediascorn.com/