Marc Garanger (1935-2020), photographe

(c) Christian Ducasse

Marc Garanger est un photographe français né le 2 mai 1935 à Ézy-sur-Eure (Eure) et mort le 27 avril 2020 à Lamblore (Eure-et-Loir).

Le père de Marc Garanger lui offre un Foca Standard pour ses 15 ans. En 1958, Marc Garanger devient photographe professionnel à l’Institut pédagogique de Lyon.

De mars 1960 à février 1962, il fait son service militaire pendant la guerre d’Algérie dans le 2ème régiment d’infanterie stationné dans le secteur d’Aumale, il est nommé photographe du régiment. Il a 25 ans. Envoyé à Aïn Terzine, il en revient au bout de dix jours avec plus de deux mille portraits de femmes algériennes – qui ont été contraintes de se dévoiler – réalisés pour des photos d’identité.

« Je me suis rappelé les photos de l’Américain Edward Curtis qui avait photographié à la fin du 19ème siècle les indiens bousillés par le peuple américain. »

Lors d’une permission, sur les conseils d’un journaliste de Témoignage chrétien, il passe clandestinement en Suisse et fait paraître ses portraits de femmes algériennes dans l’hebdomadaire suisse L’Illustré.

En 1964, ami avec l’écrivain Roger Vailland, il part en Italie photographier l’enterrement de Palmiro Togliatti (1893 – 1964), l’un des fondateurs du Parti communiste italien, qu’il dirigea comme secrétaire général de 1927 à 1934, puis de 1938 jusqu’à son décès. Il en tire un livre et recevra en 1966 le Prix Niépce.

Avec la bourse de son prix Niépce, il part en Tchécoslovaquie, de l’autre côté du rideau de fer. D’année en année, Marc Garanger réalise des reportages toujours plus à l’Est, dans presque toutes les Républiques de l’ex-URSS, jusqu’en Yakoutie.

Photo (c)Bernard Perrine

En 1984, Marc Garanger publie « La Guerre d’Algérie vue par un appelé du contingent » qui passe complètement inaperçu.

En 2003 et 2004, il suit au Cambodge La Chaîne de l’espoir, une association de chirurgiens qui opèrent les « enfants bleus » malades du cœur.

En 2004 il retourne pour Le Monde en Algérie à la rencontre des gens et des lieux qu’il a photographiés quarante ans plus tôt.

En 2005, il est en résidence d’artiste au Foyer de travailleurs immigrés Rhin et Danube, à Lyon avant le départ du dernier occupant.

Marc Garanger meurt à Lamblore, le 27 avril 2020, à l’âge de 84 ans.

Témoignages

au micro Marc Garanger manifestation pour la défense des artistes auteur 27 avenue de l Opera Paris 11 fevrier 1993 avec Marc Clement pout l Union des Photographes Createurs – Photo Christian Ducasse

Union des Photographes Professionnels (UPP) “Dans nos combats pour la profession, tu as toujours été prêt à défendre les causes justes, avec une impulsivité rageuse, la même que tu as mise pour te délivrer de la maladie. Pour ces liens indéfectibles et affectueux, nous te disons merci l’ami“. Christian Chamourat, ancien Président de l’UPC et de l’UPP

« Comme souvent, à la disparition d’un illustre,  on ne garde que l’oeuvre et le métier est occulté. Quand j’ai connu Marc Garanger, au milieu des années 80, c’était à la Fédération des association de photographes créateurs (FAPC). La FAPC est l’l’ancêtre de l’Union des Photographes Créateurs (UPC), fondée au 12 rue Chabanais.  L’UPC réunissait les quatre associations de photographes de l’époque : ANJRPC, OPEP, API et la ANPPM. Marc Garanger faisait partie de l’Association national des photographes de publicité et de mode (ANPPM). Il avait une photothèque gérée par son épouse Catherine. Marc Garanger a également fait partie de ceux qui ont créé la SAIF en 1999. » Christian Ducasse, photographe.

“Enfant bègue, profondément complexé jusqu’à en devenir mutique à l’adolescence : ses photos parleront pour lui. Dès l’âge de 15 ans, il trouve refuge dans la photographie avec le vieil appareil photo de ses parents. « En bridant la parole, mon œil s’est aiguisé », dira-t-il des années plus tard. Pour son bac, son père lui offre son premier appareil photo, un Foca, mais photographe, ce n’est pas un métier…” Isabelle de Lagasnerie / La Croix

“Ami de l’écrivain Roger Vaillant, cette guerre de colonisation lui répugne. « Toutes ces femmes, dans leur absolue droiture, non seulement assument pleinement le regard que l’occupant fait peser sur elles, avec tout ce qu’il véhicule d’ignominie, mais surtout, elles nous le retournent », a-t-il l’occasion de répéter, lors des quelques 300 expositions de ses portraits devenus icôniques. Un peu trop exposés ? Un peu trop icôniques ? Peut-être…  Magali Jauffret dans “Disparition. Marc Garanger, une vie passée à réparer” in L’Humanité du 30 avril 2020

 Prix et récompenses

  • 1966 : Prix Niépce,
  •  1997 : Prix de la Société de géographie Alexandre de La Roquette,
  • 1997 : Prix François Sommer de la Fondation de la chasse et de la nature,
  • 2010 : Prix du New York Photo Festival.

Tous nos articles concernant Marc Garanger