[CP] La Parisienne de photo reprise par Photononstop : les salariés craignent une casse sociale


PARISIENNE DE PHOTOGRAPHIE
COMMUNIQUÉ
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La Parisienne de photo reprise par Photononstop :
les salariés craignent une casse sociale

Depuis quinze ans, la société publique locale (SPL) Parisienne de photographie gérait et valorisait le patrimoine photographique de la ville de Paris. Cette activité a été progressivement démantelée, les activités de conservation (en 2017) et de numérisation des fonds (en 2018) étant municipalisées. Restait l’activité de valorisation des fonds, plusieurs centaines de milliers de photos appartenant à la Ville. Au terme d’un an de procédure, cette activité s’apprête à être confiée, en partie, au titre d’une concession de cinq ans, à l’agence Photononstop. Un choix qui surprend les 12 salariés, craignant pour leurs conditions de travail, voire pour la pérennité de leur emploi.

Depuis un an, la commission de la Ville de Paris en charge de la désignation d’un repreneur de la Parisienne de photographie a tenu les salariés à l’écart, ne leur fournissant aucune information, les laissant dans une ignorance totale sur l’identité des candidats, le cahier des charges et la teneur de leurs projets. La Ville n’a demandé l’expertise des salariés sur aucun sujet lié à leur profession, pas davantage que leurs idées pour améliorer le fonctionnement de la société. Seuls les avis de la Direction des affaires culturelles de la Ville, des bibliothèques spécialisées et de Paris Musées semblent avoir été pris en compte. Pour la poursuite de ses activités, l’agence ne disposera plus que des images des fonds Roger-Viollet et France Soir. La responsabilité de la diffusion et la commercialisation des fonds iconographiques des musées de la Ville et des bibliothèques spécialisées lui est retirée.

Le 21 octobre 2019, les salariés ont appris par une source extérieure à la Ville, que le candidat retenu était la société NDLR, via l’agence Photononstop, au détriment de la Réunion des musées nationaux (RMN) – Grand Palais, l’autre candidat en lice. Comment la Ville peut-elle accorder sa préférence à une société dont l’activité se concentre essentiellement sur la publicité, la communication et le corporate, sans aucun intérêt connu pour le patrimoine culturel, et dont l’assise financière semble plus que fragile, face à la RMN-Grand Palais, dont l’activité essentielle est la diffusion du patrimoine culturel, domaine dans lequel elle est le leader ?

Sollicités par les salariés de l’agence, Karen Taïeb, adjointe à la maire de Paris chargée du patrimoine, et des représentants de la Direction des affaires culturelles ont reçu les représentants du personnel, le 10 novembre (NDLR: il s’agit du 5 novembre). Malgré un discours se voulant rassurant, les critères précis ayant conduit au choix du lauréat n’ont pas été clairement exposés, pas plus que le fameux projet devant assurer l’avenir de l’agence et de ses salariés. À ce stade, les salariés n’ont pu obtenir qu’une promesse de Mme Taïeb et de la Direction des affaires culturelles, de mettre en place un « comité de surveillance » de la nouvelle société dédiée à la gestion de l’agence, dans lequel des salariés seront impliqués. Ce comité veillera au respect du contrat passé entre la Ville et le concessionnaire, et des conditions de travail.

À quelques jours des délibérations du Conseil de Paris (12 au 15 novembre) qui statuera sur leur sort, les salariés et leurs représentants Info’Com-CGT restent très circonspects et très inquiets.

Contact presse :
David Jourdan • 06 83 08 94 33
david@infocomcgt.fr

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