Le « Collectif Roger-Viollet » des photographes inquiet

Association Camping et Culture. 1936-1938. Photographie de Marcel Cerf (1911-2010). Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
© Marcel Cerf/BHVP/Roger-Viollet

A la suite de l’appel à candidatures pour la mise en concession de l’activité de l’agence de presse Parisienne de Photographie Roger-Viollet, des photographes et des ayants-droit se réunissent en collectif.

 

Mardi 19 février 2019, un groupe de femmes et d’hommes entre vers 19h au 6 rue de Seine à Paris. Ce sont les locaux de l’agence de presse Parisienne de Photographie qui diffuse des millions de clichés des archives photographiques de la famille Roger-Viollet, des fonds rassemblés par Hélène Roger-Viollet et Jean Fischer, mais également d’autres fonds appartenant à la Ville de Paris.

Ce mardi soir, se tient la première réunion de photographes diffusés sous la marque Roger-Viollet. Il s’agit majoritairement d’ayants-droit concernés par l’intention de la municipalité de Madame Hidalgo de se débarrasser de la diffusion commerciale de ces œuvres. (Lire nos articles précédents)

« Nous avons constitué un Collectif Roger-Viollet …/… et écrit un courrier à Madame Hidalgo que nous allons largement diffuser. » m’écrit un représentant de photographe participant à cette réunion. « Je ne sais si nous obtiendrons quoi que ce soit, mais il est important de réagir face à ce manque de considération (voire de mépris), que nous avons tous ressenti. »

« J’ai été surpris par la réactivité de l’assemblée » confie un autre participant. « Très rapidement nous avons pris la décision de constituer ce collectif. Un logo a même été approuvé. »

Ils étaient onze représentants de photographes à cette réunion. A la lecture de leurs noms on peut mesurer le patrimoine qu’ils représentent : Jean Marquis et Jean Mounicq et les ayants-droit d’André Vigneau (1892-1968), Marcel Cerf (1911-2010), François Kollar (1904-1979), André Zucca (1897-1973), Janine Niépce (1921 – 2007), Roger Schall (1904 -1995), Pierre Jahan (1909 -2003), Jean Roubier (1896-1981), Léon Claude Vénézia (1941-2013).

A côté de l’inestimable collection que représentent les œuvres de ces photographes, il y a la complexité des accords de diffusion. Certains auteurs ont des contrats avec des institutions muséales de la Ville de Paris ou de l’Etat, d’autres avec l’ancienne structure de l’agence Roger-Viollet et d’autres avec la Parisienne de Photographie… Un bel échevelât juridique que devra démêler le futur concessionnaire.

Ils seraient plus d’une douzaine de candidats mais l’Hôtel de Ville ne communique pas les noms des postulants. « Une commission va se réunir » explique Nicolas Bouillant l’énarque chargé de l’opération « Cela va prendre un certain temps. » Le silence de la municipalité est en harmonie avec celui des syndicats de journalisme et des organisations professionnelles de photographes.

Michel Puech

Lire nos précédents articles sur le sujet

1 Response

  1. Bonsoir
    ayant diffusé ce billet à 2 listes de diffusion, celle de l’adbs-audiovisuel, association de bibliothécaires et documentalistes spécialisées et celle de l’ANI, association nationale des iconographes, une consultante suggère ceci :
    Je me permets de suggérer au collectif de se constituer en association de loi 1901, pour juridiquement être en mesure de répondre à l’appel d’offres (en ayant constitué une structure dotée de la personnalité morale) et ainsi augmenter les chances d’être entendu par la municipalité. Ça coûte moins de 40 euros à créer et le nom est déjà tout trouvé : “Collectif Roger-Viollet”. Il n’y a plus qu’à rédiger les statuts (un modèle figure ici en ligne : https://www.associations.gouv.fr/creer-votre-association.html) et déposer les statuts à la préfecture.

    Bien cordialement,
    Anne-Laure Stérin
    Juriste – Formatrice, Chargée de cours à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
    10 rue du 14 juillet
    93310 Le Pré-Saint-Gervais

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