Visa pour Perpignan, la Mecque du photojournalisme

Du 1er au 16 septembre prochain, Perpignan accueillera la 24ème édition du festival du photojournalisme « Visa pour l’image », rendez-vous annuel de ceux dont le métier est de rapporter des images pour que nous puissions décrypter le monde.

Pour la 24ème année, des centaines de milliers d’inconnus vont se presser à Perpignan! Ils étaient 209 000 en 2011, 9000 de plus que l’année précédente. « Visa pour l’image » est devenu « le » pélerinage photographique incontournable de la rentrée.

Je dirai même, un rendez-vous indispensable pour tous les journalistes. Ils étaient 2800 l’an dernier dont 1400 photographes, comme les années précédentes. Bizarre d’ailleurs qu’ils ne soient pas encore en plus grand nombre. Leurs lecteurs-auditeurs-téléspectateurs semblent plus curieux qu’eux. Il en est de même pour les stands des agences : absence de Corbis cette année mais retour de Gamma-Rapho.

Paradoxe : le « marché » serait mort, mais les amateurs se pressent aux comptoirs.

Pourtant quel autre lieu, le temps d’une semaine, permet de visualiser autant de reportages d’actualité ou de magazine ? Une semaine de festivalier, ce sont quelques dizaines de milliers d’images qui vous passent sous les yeux. Un spectacle étonnant pour le quidam, mais un vrai stage de perfectionnement en journalisme illustré pour les « pros ».

A moins de travailler dans une grosse agence de presse, un grand quotidien ou un grand magazine, personne n’a la chance de voir ce que Jean-François Leroy, le directeur du festival,  visionne chaque année pour faire sa sélection. Il est dans les petits secrets des projets des photographes. On lui téléphone pour l’informer depuis le monde entier. Sa boite e-mail croule sous les fichiers jpeg. Un job qui demande une attention constante pour l’actualité, et une mémoire visuelle énorme.

En final, « Le Petit Prince » du photojournalisme nous accroche une trentaine d’expositions, qui plus est, dans de magnifiques lieux. Ce qui ne gâte rien. Merci Perpignan d’être aussi jolie et agréable, tout en ayant, comme le directeur du festival, le caractère un peu orageux.

Grâce à la société Abax, « Visa pour l’image » c’est également une semaine de soirées exceptionnelles où sur un écran de 24 mètres, s’affichent l’actualité du jour, les rétrospectives et un florilège de reportages généralement décoiffant par leurs sujets comme par le talent des photographes. N’y aurait-il que ces projections que je ferai le voyage !

On y visionne les principaux travaux de l’année ou des années précédentes pour les longs reportages. N’écoutez pas les snobs qui feront la moue. Ils n’ont pas la patience de faire la queue pour rentrer dans le Campo Santo. Mais ceux qui ont ce courage ne le regrettent pas, surtout s’ils ont la sagesse de ne pas se coller le nez sur l’écran, mais de prendre du recul pour savourer le spectacle.

Cette année, de la Corée du Nord à la Syrie, du Nigéria à Cuba, de la Grèce au Kurdistan en passant par des dizaines d’autres pays, nous allons voir ce qui ne va pas dans le monde. Les chagrins s’en étonnent. Mais comment faire autrement ? Qui a envie de faire l’autruche et de se prendre un coup dans le derrière sans avoir compris pourquoi. Les photojournalistes sont là pour nous tirer par la manche, nous rappeler que « la crise en France » ce n’est tout de même pas la famine, la misère, la guerre. Mais ils sont aussi là, pour mettre en lumière quelques incongruités d’une campagne présidentielle, ou souligner les incohérences d’une politique hexagonale d’immigration.

Les « petits hommes gris » qui, maintenant, dirigent « la Presse » croient que la misère des autres ne nous intéresse pas, nous détourne de journaux et autres magazines. Mais à Perpignan, dans la foule des inconnus, combien d’acheteurs de revues comme Polka, Six mois, XXI ou autres, dévoreurs de documentaires diffusés par les télévisions, surfeurs émérites sur les webdocumentaires… Bref ce n’est pas les concernés qui manquent, même s’ils n’intéressent pas ceux qui ne jurent que par Excel et le CAC 40.

Toute la semaine professionnelle, c’est-à-dire la première semaine de septembre, je vous rendrai compte de ma journée de festivalier avec les images de Geneviève Delalot.

 

A très vite.

Michel Puech

 

Rectificatif  30/08/12 15:12 : Contrairement a ce que j’ai écris François Lochon propriétaire de l’agence de presse Gamma-Rapho (en cours de nouvel agrément par la commission paritaire des publications et agences de presse), n’a pas jugé utile d’avoir un stand cette année à Visa.

Article publié sous le titre Visa pour l’image, obligatoire dans le Club Mediapart le 30 aout 20

Article a paraitre lundi 3 septembre dans Le Journal de la Photographie

 

A lire

  • Polka Magazine, le numéro 19 en kiosque cette semaine marque un tournant dans la vie de cette revue qui devient pour ses 5 ans d’existence un vrai magazine de photo. En kiosque 5,90 Euros
  • Images, dans le numéro 53, Sophie Bernard la rédactrice en chef nous offre une très intéressante enquête remarquablement informée sur l’argent et la photo. A ne pas manquer. En kiosque 6 euros

Pratique

  • Expositions – du samedi 1er au dimanche 16 septembre 2012
  • Semaine professionnelle – du lundi 3 au dimanche 9 septembre 2012
  • Soirées de projection – du lundi 3 au samedi 8 septembre 2012
  • Transmission pour l’image – du lundi 3 au mercredi 5 septembre 2012
  • Semaine scolaire – du lundi 17 au dimanche 21 septembre (sur rendez-vous)
  • Toutes les informations sur le site de Visa pour l’image – Perpignan

 

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