Craig F. Walker gagne son deuxième prix Pulitzer

Brian Scott Ostrom, ancien marine déployé en Irak, souffre de troubles de stress post-traumatique. (c) Craig F Walker/Denver Post/Polaris/Starface

Michel Puech publie dans La lettre de la photographie, lettre quotidienne en français et en anglais.

 

« C’est juste incroyable » s’est contenté de dire Craig F. Walker quand il a compris aux exclamations de joie de ses collègues du service photo du The Denver Post, qu’il avait décroché son deuxième prix Pulitzer en moins de trois ans dans la catégorie « feature »

De fait, en 2010, ce photographe, salarié du quotidien du Colorado depuis 2001, avait obtenu un premier prix Pulitzer pour un reportage sur un jeune engagé dans l’armée américaine. « Ian Fisher, american soldier » racontait l’histoire de ce jeune gars depuis l’école jusqu’en Irak. Un reportage très bien ficelé où son regard amical pour le jeune garçon avait fait merveille.

En septembre 2010, il était à Visa pour l’image et j’avais découvert un quadragénaire sérieux, attentif, et parlant américain avec un accent incompréhensible pour moi. Nous avions échangé plus de sourires que de mots, mais quelles que soient les langues, c’est souvent le cas avec les photojournalistes.

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En décembre 2011, mon alerte Google sur son nom, m’avait conduit sur le site du Denver Post à une autre histoire « Welcome Home », l’histoire  de Scott Ostrom, un vétéran de l’Irak.  Voltigeur, c’est-à-dire éclaireur, le premier en patrouille, Scott Ostrom est revenu cassé par deux séjours en Irak.
J’avais trouvé le sujet très spectaculaire – un peu trop ? –  et pris contact avec l’agence Starface qui représente Polaris Images qui a les droits de diffusion de Craig F. Walker. Je voulais mettre en avant ce travail, mais « Jeff » le  patron de Starface m’avait dit : « Attends un peu, on a beaucoup de mal à le vendre, et je ne voudrais pas que tu casses le sujet ». Ok.
Paris Match avait trouvé le sujet très bon mais l’avait finalement abandonné. VSD en fit ses choux gras.  Aux USA, personne n’avait publié l’histoire. En Allemagne, un magazine est intéressé pour le publier au mois de mai… Et jusqu’à ce nouveau Prix Pulitzer : aucune autre publication en vue.
D’ailleurs même le Denver Post, qui se réjouit aujourd’hui bruyamment, n’a pas imprimé le sujet dans le quotidien « papier » !  Uniquement sur le web.
Le plus amusant dans ce second Prix Pulitzer de Craig F. Walker, c’est que le photojournaliste a suivi pendant un an ce soldat atteint du syndrome post-traumatique à ses frais et pendant ses moments de loisirs.
Comme quoi, obtenir un prix Pulitzer ne résout pas tous les problèmes d’un photojournaliste. Espérons qu’avec cette seconde distinction en trois ans, son journal lui fera un peu plus confiance pour qu’il obtienne une autre récompense.

Michel Puech

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