Göksin Sipahioglu
Disparition du fondateur de l’agence Sipa press

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Göksin Sipahioglu © Geneviève Delalot / www.a-l-oeil.info
Göksin Sipahioglu © Geneviève Delalot / www.a-l-oeil.info

A l'oeil est gratuit dans le Club Mediapart, ça ne vous empêche pas de vous abonnez au journal !Göksin Sipahioglu, fondateur de l’agence Sipa press, est décédé ce mercredi 5 octobre 2011 à l’hôpital américain de Neuilly. Né en 1926 en Turquie, il fut grand reporter puis rédacteur en chef de quotidiens turcs avant de fonder en 1973 à Paris l’agence qui porte son nom.

Disparition de Göksin Sipahioglu, fondateur de l’agence Sipa press le 05 Octobre 2011 Par Michel Puech in Club Mediapart

Je venais d’entrer dans la salle de conférences du colloque organisé par l’IUT de journalisme de Tours et le Club de la presse quand un coup de fil d’Alain Mingam, ancien photographe à Sipa press m’a annoncé la cruelle nouvelle.

« C’est terrible. Je lui dois tellement… » a murmuré Alain Mingam dans le téléphone. Ces derniers jours Alain me racontait comment pour partir en reportage à Beyrouth, Göksin lui avait dit : « Je n’ai pas d’argent, va à la machine à café ! Je ne comprenais pas… Il a ouvert le coffre de la machine à café, a pris une grande enveloppe dans laquelle il a mis toutes les pièces et m’a dit voilà tu peux partir. »

« Monsieur Sipa » fut l’une des plus grandes figures du photojournalisme du XXème siècle sur lequel courent mille anecdotes toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Mon téléphone n’a pas arrêté de sonner : photographes, journalistes… L’info courait. J’imagine que cela aurait fait sourire « Monsieur Sipa ».
A l’agence Sipa press, tout le monde pleure

Hubert Henrotte, son principal concurrent à la tête de Sygma est catastrophé quand je lui apprends la nouvelle. « J’espère que son nom restera dans l’histoire du photojournalisme et, j’espère que l’enseigne lumineuse de l’agence qui porte son nom continuera de briller longtemps boulevard Murat ».

Je reviendrai évidemment, dans les prochains jours, sur la carrière extraordinaire de Göksin Sipahioglu. Ce matin, l’heure est à une immense tristesse, et mes pensées vont à Phyllis Springer sa compagne et à tous les proches de ce « grand turc » que nous aimions tous.

Michel Puech

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