Arles 2011: Anaïs Ginoux, la terre est mon école

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Arles, ses stars, ses célébrités du « off », ses inconnus, ses passionnés qui viennent, sans aucun moyen, sans connaître personne, tenter de mettre un pied sur la première marche… Anaïs a deux points communs avec Raymond Depardon : elle est fille de paysan et aime l’Afrique…

Elle est brune, sèche et musclée comme la Provence. Elle est d’ici. Pas d’Arles, mais de Rognonas, un village à quelques kilomètres d’Avignon. Elle montre neuf photographies au café Le France, place Lamartine, près de la gare et du Rhône…
Un endroit où je ne serais jamais allé, sans me perdre. Au mur de l’établissement, neuf images de la Mauritanie et du Rwanda. Trois « me parlent ». Il se passe quelque chose entre la photographe, les photographiés et le regardant.
« J’ai commencé à 16 ans la photo, en achetant cash, en petites pièces, un boitier sans le dire à mes parents. Aie… Mon père est maraicher, j’ai travaillé dur avec lui pour avoir ces pièces, et d’autres pour partir en Mauritanie en vélo. »
En vélo ? « J’ai voyagé comme cela aussi au en Ethiopie… Je suis fière d’être une femme et de voyager seule en vélo. Je suis fière de montrer aux femmes de ces pays que c’est possible. Bien sûr cela demande de l’entrainement, mais je suis une fille de la terre. Mon père fait le melon l’été, la salade l’hiver. C’est dur. C’est une école d’endurance, de courage, mais également de résultat. On sème et on récolte. Je procède pareillement en photographie. Je travaille. Un jour, je vais récolter. »
« Le vélo et le travail de la terre me permettent d’être de plain pied avec les gens que je rencontre en Afrique. Bien sûr je ne fais pas que des photographies en Afrique, j’ai vécu à Paris et je travaille actuellement un sujet sur les coiffeurs dans différents pays. J’ai également photographié au Rwanda, au Mali. »
A pas trente ans, la jeune femme est déterminée, volontaire. Courageuse, elle a assumé des travaux aussi durs que ceux de la terre et d’aide-soignante pour avoir le luxe de prendre des images.
« J’attends avec impatience le congé sabbatique que j’ai sollicité auprès de mon employeur pour avoir un an pour essayer d’entrer dans le monde des professionnels. J’ai des images à montrer depuis plus de dix ans que je photographie. »
Michel Puech

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