Affaire Eyedea
23 jours pour trouver une solution

Il pleuvait à Paris sur l’île de la Cité. Un temps de circonstance pour les audiences de la 12ème chambre concernant le Groupe Eyedea des agences photographiques Gamma, Rapho, Keystone, Hoa Qui, Explorer, Jacana… Eyedea a jusqu’au 26 février pour trouver une solution.


L’audience était prévue à 11h30 mais les parties furent appelés à midi et demi. Dans la coursive, les représentants des salariés sont nombreux, un par entité. On se souvient que le Groupe Eyedea est composé de quatre sociétés créées à l’origine par Hachette Filipacchi Photos (Groupe Lagardère) pour coiffer l’ensemble des agences rachetées depuis 1999. Après de multiples directions, en 2006 le Groupe Lagardère à cédé le tout à Eyedea financé par le fonds d’investissements français Green Recovery.

La direction du Groupe Eyedea donc demandé au Tribunal sa mise en cessation de paiement pour l’ensemble des sociétés filialles pour « permettre de trouver une solution globale pour le groupe ». Rappelons que le Groupe Eyedea se compose d’Eyedea Presse, Eyedea Illustration, Eyedea Exclusive qui travaille pour la publicité et le « corporate » auxquelles il faut ajouter Crystal Picture l’agence spécialisée « paparazzi » crée jadis par HFM sous le nom de Bégonia. Ça ne s’invente pas.

Eyedea Presse chargée des photos d’actualités principalement réalisées sous la marque Gamma est déjà en redressement judiciaire depuis le 30 juillet dernier. On se souvient que c’est dans cette société qu’en septembre dernier ont eu lieu 25 licenciements – dont les photographes-salariés de Gamma. Toutefois, l’inspection du travail avait refusé 8 licenciements, et de nombreux litiges avec les photographe pèsent sur cette entité.

« Une prochaine audience est prévue le 30 mars, repreneur et un mois pour finaliser cette éventuelle reprise », a précisé à l’AFP Mohamed Lounes, représentant du SNJ-FO et secrétaire du Comité d’entreprise d’Eyedea. La filiale Eyedea Presse dispose du même délai que sa maison mère pour trouver un repreneur, a jugé le Tribunal.

Maître Valliot admnistrateur judiciaire pour l’ensemble est soucieux. « Dans l’affaire Libération, ce n’était pas simple et j’ai fait l’impossible. La, il faut faire un miracle » m’a-t-il déclaré en substance.

Toutefois, dans cette grise journée, une « bonne » nouvelle est venu des Etats-Unis, ou l’on apprenait par le New York Times que Magnum Photos avait cédé 200 000 tirages de presse (ndlr : épreuve argentiques jadis destinées à la diffusion aux magazines) à Michael Dell, le fondateur de Dell Inc. Comme quoi, des ressources peuvent être trouvées pour alimenter les finances d’agences qui ont d’important fonds photographiques à numériser.

Tout n’est pas perdu pour l’avenir des photographes, mais la sortie de la crise est douloureuse et lente.

Michel Puech

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